Après plus de 200 ventes en exclusivité sur Colorfol, LiFkA ouvre enfin les portes de son projet NON N'AIE PAS PEUR (NNPP) au grand public. Disponible en streaming et en téléchargement depuis le vendredi 29 mai à minuit, ce projet confirme tout le bien qu'on pensait de l'artiste et pose clairement les bases d'une carrière qui ne fait que commencer.

Un rappeur qui parle vrai

Dès l'intro, le ton est posé. LiFkA ne vient pas jouer un personnage — il vient se livrer. Cinq ans d'attente, de travail et de doutes condensés dans un flow implacable, sur des prods soignées. Sur "LA JOIE", il pose une question qui traverse tout l'album : comment expliquer au docteur qui me suit que je guéris les maux en vomissant les rimes ? Une phrase qui résume parfaitement la démarche de l'artiste — le rap comme thérapie, comme survie.

Une tracklist construite pour durer

NNPP c'est 12 titres avec une architecture solide. Du banger collectif au morceau introspectif, chaque son a sa fonction. "POSITION" avec Doby Le Diable de Tasmanie et Remy Beta est un vrai war record, taillé pour les battles et les playlists rap du quotidien. "BEWA" confirme l'instinct compétiteur de LiFkA : Le meilleur, c'est moi, j'suis constant tout le temps. "SOSUCAM" avec Az PRN et Hortarien apporte une touche plus légère et décalée, en parlant des sugars daddies avec un humour très camérounais. Et "YE WANDA" — disponible en version originale et en remix avec Diablit, Le Talentt et Styfler90 — est probablement l'un des titres les plus percutants du projet, entre rage contenue et punchlines chirurgicales.

Le Cameroun dans la peau

Ce qui frappe dans NNPP, c'est son ancrage. LiFkA rappe depuis l'intérieur du pays, pas depuis une image construite pour l'extérieur. Il cite Douala, Bagangte, Mokolo, ENEO, HYSACAM — il parle à son peuple avec le langage de son peuple. Sur "VDR" avec Simba Draken, il interroge l'illusion du succès affiché sur les réseaux, le mongshung, les statuts WhatsApp, les rêves vendus comme des vérités. Une lucidité rare pour un rappeur de sa génération.

Un projet, un mouvement

NNPP n'est pas seulement une sortie discographique. C'est la démonstration qu'un artiste camerounais peut construire une vraie base de fans, vendre 200 copies en exclusivité avant même d'arriver sur les plateformes, et livrer un album cohérent de bout en bout. LiFkA prouve ici que le rap camerounais a tout ce qu'il faut pour s'imposer au-delà des frontières.